samedi 17 janvier 2009

Robin des bois, prince des voleurs

Robin Hood: Prince of Thieves, Kevin Reynolds, 1991
Genre : surfin’ Robin

Après plusieurs années de captivité en Terre sainte, Robin de Locksley (Kevin Costner) revient en Angleterre avec un compagnon sarrasin, Azeem (Morgan Freeman). Il découvre le château de son père en ruines et la région sous la coupe du cupide et cruel shérif de Nottingham (Alan Rickman).

Grosse production, gros ratage, ou presque : Robin des bois, prince des voleurs est un film totalement bancal, au scénario réécrit tous les jours ou presque, avec un conflit de plus en plus fort entre le réalisateur Kevin Reynolds et l’acteur – producteur Kevin Costner.
Pourtant, le film est doté de grandes qualités, en particulier esthétiques : la photo est somptueuse, et Mary Elizabeth Mastrantonio, qui joue Marian, est toujours magnifiquement éclairée, plus lumineuse que tous les autres acteurs. Du coup, on est d’autant plus déçu par le potentiel gâché de ce film, reconnu par Kevin Costner lui-même dans certains entretiens.
L’aspect erratique du film se voit surtout dans les prestations des acteurs, en particulier chez Kevin Costner et Christian Slater (Will Scarlet), le premier manquant de cohérence et constance dans son jeu, le second étant si mal exploité que Christian Slater ne donne jamais de relief ni de poids à son rôle. On pourrait aussi parler de Marian, qui est introduite dans le film comme une sortie de ninjatte pour finir en princesse en détresse très classique.
Dans ce – relatif – naufrage, un seul s’en sort avec les honneurs, si ce n’est plus : Alan Rickman. Il campe un shérif totalement déjanté, outrancier, excessif, avec un jeu qui est parfaitement à la limite du cabotinage ; sa scène finale est ainsi exceptionnelle et incroyable.
Robin des bois, prince des voleurs est donc un film décevant, voire énervant, parce qu’il possède de grandes qualités artistiques, des acteurs qui en valent la peine, mais l’ensemble ne tient pas.

La musique est signée Michael Kamen ; faisant appel à l’écriture d’époque, il compose une musique à la fois moderne et médiévale : c’est superbe et incontournable, sauf les chansons (Morgan Creek 511 050-2)

Crédits images © 1991 Morgan Creek Productions, Inc. & Warner Bros. Inc.