samedi 17 janvier 2009

À toute épreuve

Lashou shentan (辣手神探), John Woo, 1992
Genre : histoire de flingues

Yuen, surnommé Téquila (Chow Yun-fat), est un policier d’expérience, mais plutôt tête brulée, qui n’hésite pas à utiliser la force pour mettre fin au crime organisé à Hong-Kong. Souhaitant à tout prix faire tomber le chef de triade Johnny Wong (Anthony Wong), y compris contre les ordres de son chef Pang (Philip Chan), il rencontre un homme de main, Tony (Tony Leung).

Dernier film hongkongais de John Woo avant sa période hollywoodienne – heureusement achevée aujourd’hui –, À toute épreuve est un monument du film d’action, une référence du flinguage dans tous les sens, un modèle de la fusillade avec cabrioles.
Le film s’ouvre sur une fusillade de 10 minutes dans une maison de thé, et se clôt sur une fusillade de 30 minutes dans un hôpital. Entre les deux ? D’autres fusillades.
À toute épreuve est le plus formel des films chinois de John Woo ; le cinéaste était déjà en discussion pour tourner aux USA, et il voulait d’une certaine manière arriver avec une carte de visite plus commerciale. Ainsi, si l’on retrouve les thèmes fétiches du cinéaste – l’amitié, le sens du sacrifice, le courage, l’honneur –, c’est dans une bien moindre mesure que pour The Killer, la série des Syndicats du crime ou le très fort Une balle dans la tête. John Woo oriente donc son film radicalement vers l’action, avec des fusillades en tout sens, des explosions, des cartons incroyables. Ce film dépasse en spectaculaire ce qu’il a déjà fait et pose les nouvelles références d’un genre, même s’il n’est pas seul à Hong-Kong ; on peut citer Tsui Hark, Ringo Lam ou Johnny To, tous nés dans les années 1950 (John Woo est né en 1946). Ce style de film d’action sera évidemment copié jusqu’à la nausée par Hollywood, et avec bien moins de talent.
À toute épreuve est donc à voir, comme référence d’un genre.

La musique, très électronique et un peu basique, est signée Michael Gibbs.

Crédits images © 1992 Golden Princess Film Production Limited