vendredi 6 janvier 2012

Demolition Man

© 1993 Warner Bros. Pictures
Marco Brambilla, 1993
Genre : marrons glacés

Criminel violent, Simon Phoenix (Wesley Snipes) a finalement été arrêté – au prix de nombreux morts – par John Spartan (Sylvester Stallone), policier de Los Angeles. Reprochant à Spartan toutes ces victimes, la justice le condamne à la cryoprison, comme Phoenix. Trente-six ans plus tard, en 2032, Phoenix s’évade. La société étant devenue non-violente, la police est démunie face à un tel criminel ; elle sort donc Spartan de prison pour qu’il arrête de nouveau Phoenix.

Au Québec, le film s’appelle Le Destructeur, et c’est vrai qu’il ne lésine pas sur les coups de feu, les explosions, les bagarres et les poursuites. Mais il a quelque chose de beaucoup plus intéressant qu’un simple film d’action.
Demolition Man est au-delà de l’action une satyre très grinçante de la société américaine, où l’absence de violence n’existe que parce que le politiquement correct et l’hygiénisme ont été poussés à leur paroxysme : Pizza Hut (Taco Bells dans la version US) est devenu le restaurant chic de référence, la moindre grossièreté fait l’objet d’une amende, le sexe est prohibé, etc.
On pourrait croire que le film cherche à justifier la violence et la loi du plus fort dans une société fade, mais ce n’est en fait pas le cas. L’absence de violence n’est en fait que la façade d’une société totalitaire qui exclut tout ceux qui ne sortent de la norme ; les rues sont calmes et propres, certes, mais au prix de millions d’exclus, de l’absence de démocratie, de la limitation des libertés, de l’uniformisation. Le fond du film n’est pas manichéen et ne cherche pas à faire de la violence est une belle chose nécessaire à la société, comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans le cinéma hollywoodien.
Il y a donc beaucoup plus à voir dans Demolition Man qu’un simple film d'action. Et puis un film qui bombarde Arnold Schwarznegger président des USA ne peut pas être un mauvais film.

La musique, excellente, a été composée par Elliot Goldenthal (éditée chez Varèse Sarabande).

Aucun commentaire: