vendredi 13 janvier 2012

Land of the dead - Le territoire des morts

© 2005 Dead Land, LLC
Land of the Dead, George A. Romero, 2005
Genre : arrêtons le massacre

Dirigeant l’équipe du Dead Reckoning, Riley Denbo (Simon Baker) parcoure les terres occupées par les morts-vivants autour de Pittsburgh pour rapporter du ravitaillement au sanctuaire de Fiddler’s Green, dirigé d’une main de fer par Kaufman (Dennis Hopper).

Comme John Carpenter, George A. Romero est de ses immenses réalisateurs de SF et fantastique qui ont su faire des films de genre de référence qui avaient, pour ceux souhaitant le voir, un profond sens politique critique de notre société.
Le souci, c’est qu’à force de se l’entendre dire et redire, John Carpenter comme George A. Romero se sont pris au jeu et ont fait primer l’arrière-plan politique sur le film de genre ; et Land of the dead - Le territoire des morts souffre de ce basculement.
Le fondement du film est de montrer des morts-vivants qui prennent un peu conscience de leur situation et qui s’organisent contre les humains survivants pour lesquels ils sont des cibles d’entraînement et de défouloir ; les survivants qui s’étaient accommodés de l’apocalypse se retrouvent à nouveau menacés. À cela s’ajoute une représentation des humains victimes de leur propre mépris des autres – morts-vivants ou survivants –, leur cupidité, leur égoïsme.
Le scénario aurait pu, aurait du s’arrêter là et se concentrer sur le film de genre est ses scènes gores obligées, construire une peur croissante au fur et à mesure que les zombies progressent ; le fond critique et politique aurait du rester dans un large arrière-plan  : les morts-vivants comme représentation du peuple opprimé et avili, les survivants comme illustration des oppresseurs. Mais comme il en rajoute dans tous les sens, on se retrouve avec un salmigondis : critique du gouvernement Bush, dénonciation de la guerre contre le terrorisme, attaque contre le pouvoir qui monte le peuple l’un contre l’autre et contre les puissances financières, et j’en oublie. Si bien qu’on a moins un film de genre qu’un mélange politique digne d’un meeting de campagne électorale, et c’est un peu pénible. On aime le cinéma de George Romero parce que d’abord on voit un film de genre, avec des survivants qui tentent de survivre, des jeunes filles qui hurlent, des zombies qui grognent, des tripes sanglantes qui volent et des crânes qui explosent ; et si en plus, il y a un fond politique derrière, on dit bravo. Par contre, quand c’est le contraire, on est plutôt énervé : on a compris que Kaufman symbolisait le pouvoir financier oppresseur, on a pas besoin de dix minutes de dialogues et de cinq scène d’exposition. Il ne manquerait plus que les clins d’œil à la caméra…
Si le scénario est décevant voire un peu pénible, la forme reste intéressante, avec des moyens comme George Romero n’en avait pas eu sur ces précédents films. La mise en scène est appropriée, le montage dynamique et clair, les acteurs bien comme il faut – stéréotypés, mais c’est un passage obligé du film de genre. L’ambiance est malheureusement plombé par un scénario mal foutu.
Land of the dead - Le territoire des morts est donc un film décevant, un peu pénible, surtout parce qu’on espérait mieux du réalisateur de La nuit des morts-vivants, La nuit des fous vivants (ah !, ces titres français…) ou Zombie.

La musique a été composée par Reinhold Heil et Johnny Klimek (publiée chez Varèse Sarabande).

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