dimanche 22 mars 2009

Raisons d’État

The Good Shepherd, Robert De Niro, 2006
Genre : espion que veux-tu ?

Edward Wilson (Matt Damon), fils de bonne famille, marqué par une rigidité morale et un sens du service de son pays, membre de la fraternité Skulls & Bones, devient un agent de l’OSS au début de la Seconde Guerre mondiale, puis après la guerre continue une carrière dans la CIA. Il suit alors l’histoire du monde et des USA depuis son activité si particulière.

Projet dans les tuyaux d’Hollywood depuis dix ans, Raisons d’État échoua finalement à Robert De Niro. Le film cherche à construire, via les yeux de l’un de ses membres, une histoire de la CIA depuis la guerre jusqu’à la fin de l’Union soviétique.
Au final, le film nous laisse quelque peu sur notre faim. Il n’est pas véritablement historique, car il met en scène des personnages de fiction calqués sur des personnages historiques. Ce choix est donc quelque peu curieux au regard des prétentions du film. Dans le même ordre d’idées, le films oscille entre vie personnelle et regard sur les USA et son histoire sombre, sans se sortir de cette dualité. Même si Raison d’État est d’abord l’histoire d’un homme dans la CIA, le sujet ne peut pas se prêter à un simple portrait de famille, ce dont le film est conscient mais qu’il ne sait pas approcher ; à trop passer d’un aspect à l’autre, l’histoire perd en force et en cohérence, et du coup, ce qui est plus embêtant, en intérêt.
Pourtant, techniquement, le film est de qualité. Robert De Niro maîtrise la mise en scène sans qu’elle soit d’une créativité extraordinaire mais avec ce qu’il faut de cadre, photographie et montage. C’est surtout dans la direction d’acteur que son aptitude se ressent le mieux, faisant ressortir au mieux le talent de tous, Raison d’État étant doté d’une très bonne distribution (Matt Damon, John Turturro, Michael Gambon, William Hurt, Billy Crudup, Angelina Jolie, etc.).
Raison d’État est donc un film sympathique mais au scénario quelque peu décevant.

La musique est signée Marcelo Zarvos et Bruce Fowler ; sympathique mais sans plus, elle est éditée avec des morceaux d’époque et de classique, en un disque pas désagréable (Varèse Sarabande VSD 6782).

Image © 2006 Universal Studios and Morgan Creek

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