David Fincher, 2007Genre : enquête sans issue
San Francisco, juillet 1969 : après le meurtre de deux jeunes gens dans la ville de Vallejo, journalistes et policiers reçoivent des lettres étranges, remplies de symboles, revendiquant ces meurtres et signées Zodiac.
Zodiac était attendu par beaucoup comme un nouveau Se7en, film le plus renommé de David Fincher. Bien sûr, le réalisateur américain choisit une toute autre voie, dans le fond et dans la forme.
Se7en était la peinture de l’horreur d’un monde ; Zodiac est le portrait des hommes confrontés et désarmés face à l’horreur. Ces hommes finissent par se perdre dans cette cruauté qu’ils ne parviennent pas à appréhender : ces lettres indéchiffrables, ces fausses menaces, ces meurtres sans coupable. Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal) perd sa famille, Paul Avery (Robert Downey Jr.) la raison et la santé, Dave Toshi (Mark Ruffalo) ses collègues.
Sur le plan formel, Zodiac use d’un cadre et d’une photographie très travaillée pour être la plus discrète et la plus simple possible car l’histoire est centrée sur des hommes ; il n’y a donc rien d’extérieur à mettre en scène.
Zodiac est à la fois très proche et très éloigné de Se7en. Très éloigné car il est formellement très différent, ne s’attache pas à peindre la société sous une forme ou une autre ; très proche, car les hommes qu’il décrit sont des dignes héritiers de Somerset, des hommes qui veulent savoir, comprendre, expliquer.
Zodiac est donc un très bon film sur la confrontation la raison et la folie.
David Shire, excellent mais si peu demandé compositeur, fait un retour remarqué avec sa musique (Varèse Sarabande VSD 6799), une dominante de cordes et de piano, avec presque la pureté d’une œuvre de concert.
Image © Warner Bros. Ent. et Paramount Pictures Corp. 2007
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