Marc Caro, 2008Genre : parabole
Dante 01 est une prison spatiale très éloignée de l’espace connue, un lieu où sont enfermés plusieurs criminels dangereux qui ont plus ou moins accepté de subir des expériences sur le cerveau. Arrive alors un nouveau et très curieux détenu, Saint-Georges (Lambert Wilson).
Dante 01 est un film très étrange, qui détonne totalement dans le paysage cinématographique contemporain. Mêlant science-fiction et parabole, il offre un regard étonnant sur la folie, le pouvoir, la société. Les noms des personnages renvoient à des sortes d’archétypes de l’histoire de l’humanité : Bouddha, César, Moloch, Raspoutine, Attila, Perséphone… tous étant plongés dans les enfers de Dante.
Dante 01 s’étale donc sur plusieurs niveaux de réflexion, d’analyse, avec des renvois précis via les personnages et les scènes à ce qui fait l’humanité et ce qui a fait son histoire, entre foi et violence, folie et mysticisme, croyance et raison. Ces multiples références en font un film très complexe mais aussi très riche.
La mise en scène est alors particulièrement travaillée : décors, photo, montage, cadre, tout joue en même temps sur les multiples sens et réflexions du scénario.
Au final, Dante 01 est un film fort, à plusieurs niveaux de lecture mais d’un abord difficile, ce qui explique pourquoi il a été massacré par la critique et rejeté par le public. Le film a souvent été pris pour ce qu’il n’est pas ; c’est une parabole sur l’humanité qui prend la forme de la science-fiction, non une grande leçon philosophique qui distribue un sens ou un message. Comme toutes les paraboles, sa compréhension en dit plus sur celui qui la reçoit que celui qui la raconte.
La musique est signée Raphaël Elig et Eric Wenger ; inédite, elle pose parfaitement l’ambiance de cette hôpital-prison isolé dans l’espace.
Image © 2007 Eskwad - Wild Bunch