Chelovek s kino-apparatom (Человек с киноаппаратом), Dziga Vertov, 1929Genre : leçon d’invention visuelle
Film muet, L’Homme à la caméra est à la fois une rareté et un monument. Très peu diffusé – voire pas du tout – il est pourtant une référence dans la création visuelle.
À la base, le film est très simple ; ce sont des scènes de la vie russe, en particulier moscovite : usines, écoles, rues, champs, maisons, etc. Ce qui est époustouflant c’est qu’au fur à mesure des 80 minutes, une multitude de cadres et d’inventions visuelles sont déployées : ralenti, split-screen, surimpression, plongée, contreplongée, surexposition. De plus, le réalisateur cherche à placer sa caméra à des différents endroits : sur des toits de maison ou de véhicules, au plus près des gens, au milieu des machines, sur les charpentes des ponts, au milieu des rails, etc. Le regard porté sur la vie russe est donc très fort, très riche et très original, sans compter que c’est aussi un film sur le film puisque l’on voit parfois la caméra qui prend les scènes.
L’Homme à la caméra est donc un film incontournable du cinéma : riche, inventif, original, il démontre à quel point cadre et montage sont les éléments essentiels du cinéma ; à ce titre, c’est même une leçon que beaucoup de réalisateurs actuels devraient réviser pour éviter de nous pondre ces daubes illisibles et excitées qui pullulent.
À voir absolument.
En 2001, le film s’est vu gratifié d’une très bonne musique composée en partie par Michael Nyman.
Image © 1929 VUFKU
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