samedi 15 novembre 2008

Die Hard [× 4]

Piège de cristal (Die Hard), John McTiernan, 1988
58 minutes pour vivre (Die Hard 2), Renny Harlin, 1990
Une journée en enfer - Die Hard 3 (Die Hard: With a Vengeance), John McTiernan, 1995
Die hard 4 - Retour en enfer (Live Free or Die Hard), Len Wiseman, 2007
Genre : plein la gueule

Bruce Willis est un simple flic de New-York (Los Angeles dans l’épisode 2), à la vie familiale difficile et qui a le talent pour se retrouver en plein milieu de grosses opérations criminalo-terroristes. Et bien sûr, lui seul peut arrêter les méchants.

Piège de cristal est un film fondateur. Dans les années 1980, le cinéma d’action est celui des gros bras presque invincibles, superflic ou militaires, façon Arnold Schwarzeneger (Commando, Le contrat), Sylvester Stallone (Over the Top, Cobra) ou Chuck Norris (Delta Force, Sale temps pour un flic). L’arme fatale, sorti en 1987, avait ouvert le voie d’un cinéma d’action différent, avec des personnages plus complexes et plus vulnérables, mais en se liant aussi aux codes du buddy movie.
Piège de cristal amène un nouveau genre, et une nouvelle forme de héros : l’homme ordinaire, plongé dans l’extraordinaire. Ce qui met en avant le contraste est le choix de l’acteur principal. À ce moment-là Bruce Willis est célèbre, mais comme star de la série comique et décalée Clair de lune. Dans le rôle de John McClane, il apparaît donc comme totalement ordinaire. Le scénario a beau comprendre son lot d’incongruités, d’incohérences et de facilités, Bruce Willis et Alan Rickman tiennent l’ensemble à eux seul.
Piège de cristal est aussi le cinéma des années Reagan, où les institutions sont dirigées par des incapables, où il y a des ennemis et des traitres partout, et où il faut se défendre soi-même. À un détail près cependant : les méchants sont tous motivés par la cupidité et n’ont que l’argent en ligne de mire, ce qui est aussi un signe des années Reagan ; l’arroseur arrosé, en quelque sorte.
Piège de cristal est enfin indissociable de la créativité technique de John McTiernan : cadre et montage collent à l’action, suivent la tension et le suspense, savent toujours donner un sens et une lisibilité à tout, qu’il s’agisse des scènes d’action ou d’exposition.

Les suites sont malheureusement nettement moins intéressantes.
58 minutes pour vivre est sans doute le plus décevant des quatre: le scénario est rempli d’incohérences, sauf que cette fois, ça ne passe pas. Bruce Willis est seul à tenir la barque, les autres acteurs faisant vraiment trop cliché. La mise en scène, brouillonne, de Renny Harlin veut reprendre la forme du premier, mais n’y parvient pas. Le film est donc assez moyen et peu intéressant, alors qu’il y avait de la matière.
Une journée en enfer voit le retour de John McTiernan à la caméra. Et ça se voit : réalisation inventive, montage dynamique et toujours adapté au sens souhaité à la scène, le troisième film est formellement bien réussi. Le problème est vraiment le scénario, qui ne tient pas la route, malgré les efforts des acteurs principaux Bruce Willis, Samuel E. Jackson et Jeremy Irons ; l’histoire vire souvent vers le n’importe quoi, avec un côté buddy movie aux gags déjà vus et un enchaînement de scènes d’action pas toujours utile.
Quant au quatrième film, Retour en enfer, il n’y a plus grand chose à voir avec ses prédécesseurs, et n’a aucune originalité. Son seul point commun est John McClane, qui une fois de plus en prend plein la tronche. Pour le reste, on est dans une sorte de comic-book gonflé de hautes technologie et d’effets spéciaux, de cascades en tout genre (le plongeon dans les escaliers attaché à une chaise à roulettes, on a mal pour le cascadeur). Heureusement, la mise en scène est supportable, à l’ordinaire des films d’action des années 2000, ce qui permet au film de se laisser voir.

Die Hard est donc une tétralogie très déséquilibrée : elle commence très fort, et continue de manière erratique pour finir dans une forme ordinaire, contraire à l’esprit d’origine.

Les trois premiers films sont mis en musique par Michael Kamen, qui livra à chaque fois une partition très intéressante, riche et remplie de l’ironie et du second degré caractéristiques du compositeur, mêlant classicisme et contemporain et sachant surtout éviter les boum-boum qu’on entend beaucoup trop. Malheureusement, son style ne fit pas tellement école.
Die Hard est très difficile à trouver car c’est une édition limitée sortie en 2002 (Varèse Sarabande VCL 0202 1004) ; c’est nettement plus facile pour Die Hard 2 (Varèse Sarabande VSD-5273) et Die Hard 3 (RVA Victor 09026 68306 2) ; un bémol toutefois pour ce dernier puisque l’album est surtout composé de chansons et pièces classiques, vu qu’il a été mis en vente quand la musique était encore en sessions d’enregistrement.
Live Free and Die Hard a été mis en musique par Marco Beltrami (Varèse Sarabande 302 066 824 2), c’est bien, sans plus.

Crédits image : © 2008 Twentieth Century Fox Film Corporation