mercredi 12 novembre 2008

La vengeance dans la peau

The Bourne Ultimatum, Paul Greengrass, 2007
Genre : travail de mémoire

Jason Bourne (Matt Damon) poursuit la quête de son identité à Paris, Londres, Madrid, Tanger puis New-York. Une fois de plus, la CIA est décidée à l’en empêcher.

Que la série des Jason Bourne soit présentée comme un sommet du cinéma d’action, un renouvellement du genre laisse quand même un peu pantois. Rien dans cette série n’est particulièrement original. Un super soldat presque indestructible ? Déjà vu avec James Bond ou certains films de Steven Seagal. Un héros amnésique qui cherche son identité ? Déjà vu avec la BD XIII, RoboCop ou Total Recall. Un rôle d’anti-héros confié à un acteur pas du tout réputé pour le cinéma d’action ? Déjà fait par Bruce Willis dans le rôle de John McClane. Une mise en scène nerveuse, dynamique ? Déjà par John McTiernan pour les Die Hard.
Toutefois, un bon talent marketing réussit à faire passer du réchauffé pour l’innovation du chef. Bon, après tout, ce n’est pas la première fois.

Quid de cette Vengeance dans la peau ?
Pas grand chose : déjà l’idée de chercher à tuer un amnésique parce qu’il pourrait témoigner… bref passons.
Pour le reste, le film est un enchaînement de jeux de cache-cache, courses-poursuites, bagarres, le tout dans un montage nerveux, voire excité.
Ne cherchez pas de fondement politique, il n’en y a pas, à peine un petit truc riquiqui sur la rédemption, le pardon, les choix moraux : Bourne a été un super espion de la mort qui tue, maintenant il veut être gentil. Un questionnement sur le terrorisme, les USA post-11 septembre ? Rien, absolument rien, alors que le film est abondamment vendu pour son ancrage dans une réalité politique.
La vengeance dans la peau est donc un film peu intéressant, pas du tout original et sans recul sur son objet.

La musique, comme dans les deux précédents, est signée John Powell (Decca/Universal B0009488-02). Elle ne fait que reprendre – remixer pourrait-on même dire – ce qui s’est fait avant.

Image © 2007 Universal