Der Name der Rose, Jean-Jacques Annaud, 1986Genre : obscurantisme meurtrier
Guillaume de Baskerville (Sean Connery) et son moinillon Adso de Melk (Christian Slater), Franciscains, sont appelés par l’abbé d’une abbaye bénédictine isolée (Michael Londsdale) afin d’enquêter sur la mort d’un moine que certains attribuent au Malin.
Les romans d’Umberto Eco ont la réputation d’être d’une telle richesse que leur adaptation cinématographique est incroyablement difficile. Il en fallut plus pour décourager le producteur allemand Bernd Eichinger et une poignée de scénaristes, dont les excellents Gérard Brach et Andrew Birkin. Au final, le scénario tire la substantifique moëlle du roman : querelle religieuse, ambiance mystique, conflit entre science et foi.
Le nom de la rose est une chronique brillante de temps obscurs, où la foi est le moteur de toute chose, où tout s’explique par la parole de Dieu. Le film suit, colle à Guillaume de Baskerville, homme de foi mais aussi homme de science et de raison, qui doit naviguer entre crimes, querelles théologiques, crainte du diable et Inquisition afin de démêler les fils de l’histoire.
Formellement, le film est brillant : la photographie neutralise les couleurs, afin de mieux figurer le côté ancien et mystérieux du lieu ; les décors de l’abbaye romane sont éblouissants ; la reconstitution fidèle des détails est aussi riche que les enluminures des livres médiévaux.
Le nom de la rose est un très très bon film : mise en scène brillante, acteurs parfaits, décors fabuleux, un scénario riche et intelligent : un complément parfait à l’incontournable roman de l’universitaire italien.
La musique est signée James Horner (Virgin Records 30046). Elle est l’une des meilleures du compositeur dans la manière dont elle cherche, avec des instruments modernes et de la musique électronique, à réinventer de la musique médiévale.
Crédits images : © 1986 Neue Constantin Film