Tropic Thunder, Ben Stiller, 2008Genre : Hollywood sous les explosions
Tugg Speedman (Ben Stiller) est un comédien spécialiste des films d’action dont la carrière est plutôt vers le bas ; Jeff Portnoy (Jack Black) a fait des films plutôt lourdingue et a besoin d’une nouvelle carrière ; Kirk Lazarus (Robert Downey Jr.) prototype de l’acteur en pleine introspection cherche un nouveau rôle à récompense ; tous sont les vedettes de Tropic Thunder, le film de guerre le plus cher jamais produit qui raconte la pire des missions effectuée par des soldats américains au Vietnam, l’histoire de John "Four Leaf" Tayback (Nick Nolte).
Ben Stiller a régulièrement montré dans ses films une propension à utiliser la comédie pour flinguer la société américaine (Zoolander, Dodgeball : même pas mal !). Dans Tonnerre sous les tropiques, le voilà parti contre le cinéma d’action, les acteurs et les producteurs.
Le film est un mélange de gags dignes du slapstick, de critiques virulentes, de moqueries ironiques. Dans ce film, tout le monde déguste : les héros de guerre sont des escrocs, les acteurs sont soit mégalo, soit lourdingues, soit les deux, les agents sont cupides et prêt à n’importe quoi pour leurs acteurs ou de l’argent… et quant aux producteurs, on peut difficilement faire plus vulgaire, cynique et égocentrique (Tom Cruise, drôlement grimé et outrancier comme rarement).
Le film se livre à un détournement de tout ce qui fait le cinéma américain, au point parfois de se parodier lui-même et de renvoyer tous les acteurs à leur propre ridicule. Toutefois, le scénario étant aussi rempli de scènes comiques classiques, le mordant restant moins méchant que moqueur. On est donc pas dans le registre de l’acidité et de l’humour noir qui faisait le sel du formidable Thank You for Smoking. Au final, le film tombe parfois dans les travers de ce qu’il dénonce ; dommage certes, mais cela ne lui enlève pas ses qualités et sa drôlerie.
Le musique est composée par Theodore Shapiro (Lakeshore Records LKS 34024) ; question action, elle n’y va pas avec le dos de la cuillère, l’excès allant avec l’image, mais elle aurait gagné à avoir un côté parodique, à la Hot Shots Part Deux (Basil Poledouris) ou Airplane! (Elmer Bernstein).
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