Alexandre Adler, Grasset, 2009Genre : j’ai tout compris, j’t’explique
Il n’y a pas que les films dans la vie, il y aussi les livres. Et puisque ce blog a commencé sur un mauvais film, il va aussi attaquer par un mauvais livre.
Alexandre Adler est journaliste mais aussi agrégé d’histoire (Normale Sup’ s’il vous plait), ancien enseignant universitaire. Manifestement, c’est une partie de sa formation qu’il a oublié.
Le monde est un enfant qui joue s’attache à décrypter les relations du monde avec le Moyen-Orient, les imbrications des politiques étatiques et les différentes influences religieuses, l’importance du pétrole, la course aux armements et le terrorisme.
Il se livre alors un vaste de jeu de construction pour établir les influences et relations entre tous ses acteurs, très nombreux, sans faire preuve de beaucoup de clarté ; il y a intérêt à se documenter pas mal sur les différents sujets évoqués pour comprendre. Surtout que le style d’écriture n’aide pas : les phrases sont souvent longues et les virgules se multiplient au point d’avoir à repasser sur plusieurs phrases pour comprendre ce que l’auteur veut dire.
Le plus problématique dans ce livre est cependant l’absence totale de sources et de références. Alexandre Adler avance deux éléments et une analyse par page sans jamais renvoyer à quoi que ce soit, comme si tout sortait de son chapeau. Ou plutôt du chapeau des autres puisqu’il remercie une bonne vingtaine de personnes au début de l’ouvrage.
C’est d’autant plus problématique pour certains éléments très discutables, par exemple quand il écrit que l’attentat d’Oklahoma City en 1995 vient d’une manipulation de l’extrême-droite US par des agents irakiens
Sauf que cette histoire n’apparaît dans aucun document relatif à l’enquête et au procès des deux auteurs. Cela provient d’un livre, The Third Terrorist, rédigé par une journaliste locale du nom de Jayna Davis (jaynadavis.com) et qui fut repris, surtout à partir de l’automne 2001, dans les média conservateurs sans que ces derniers apportent des compléments de preuve (par exemple Fox News, le Wall Street Journal ou le Washington Times, le site de Jayna Davis recensant ces citations). Pas fameux donc, comme référence.
Même Wikipedia, avec toutes les réserves à avoir sur cette encyclopédie contributive, fait mieux avec ses articles sur l’attentat d’Oklahoma ou Timothy McVeigh.
Quand on prétend analyser, expliquer et donner des clés pour comprendre, balancer tout et n’importe quoi sans source ni référence est inacceptable.
Image © 2009 Grasset
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