Before the Devil Knows You’re Dead, Sidney Lumet, 2007Genre : querelle de famille
Hank (Ethan Hawke) et Andy Hanson (Philip Seymour Hoffman) traversent une mauvaise passe. Ils cherchent à montrer un coup, espérant ainsi se faire de l’argent facilement. Ils organisent donc le cambriolage d’une bijouterie. Celles de leurs parents.
Sidney Lumet a déjà une belle carrière derrière lui, où l’on compte beaucoup de très grands films (La colline des hommes perdus, Serpico, Le verdict), quelques ratés (L’avocat du diable), mais toujours la même thématique : des hommes – et quelques femmes – confrontés au monde, sa violence, son injustice, et tentant de s’en sortir ou de remettre de l’ordre dans le chaos ; chaos qu’ils peuvent d’ailleurs avoir eux-même provoqué.
Là est le sujet de 7h58, ce samedi là : les frères Hanson n’ont d’autre idée pour améliorer leur situation que de cambrioler leur propres parents, comme si le symbolique « tuer le père » de la psychanalyse devait être effectivement mis en pratique. Hank ne contrôle pas grand chose de sa vie, et ça ne s’arrange guère ; Andy, qui croit tout contrôler, perd tout. Le chaos les emporte et les balaie.
Le scénario de 7h58, ce samedi là n’est pas tout : la mise en scène est aussi particulièrement brillante, avec une construction non linéaire, chaotique comme le monde et la vie des frères Hanson, comme une prise de conscience de la réalité et du drame qu’ils ont eux-même créés. Dans les premiers rôles, Ethan Hawke et Philip Seymour Hoffman sont exceptionnels ; il est vrai que la qualité des comédiens est une constante chez Sidney Lumet.
7h58, ce samedi là est un très bon film, très prenant et superbement mis en scène. Un grand moment de cinéma, comme on n’en voit pas assez souvent dans la cinéma contemporain.
La musique est signée Carter Burwell (inédite) ; comme souvent chez ce compositeur, elle est plus axée sur l’atmosphère que la mélodie, ce qui sert toujours très bien l’image.
Crédits images © 2007 Capitol Films Limited