samedi 20 décembre 2008

La charrette fantôme

Julien Duvivier, 1939
Genre : repent-toi, miséreux

Cette charrette fantôme est celle de la Mort ; quand on l’entend, c’est que la fin est proche.

Julien Duvivier est un grand cinéaste français de l’Entre-deux-guerres. Grand pour son style, mais pas trop pour ses idées. La Mort, dans La charrette fantôme, menace les pauvres, les indigents, qui de toute façon sont alcooliques, violent, voleurs et aussi paresseux. Heureusement que l’Armée du salut et ses hommes et femmes de foi sont là pour les ramener dans le droit chemin, et ainsi leur offrir une rédemption.
Effectivement, comme histoire, c’est assez réactionnaire. Et encore, pour une fois, Duvivier ne se lâche pas trop sur ses personnages féminin, d’habitude symboles du mal dans ses films ; la jeune sœur Edith (Micheline Francey) est pétrie de bonté, mais sa mission est bien sûr de se sacrifier pour sauver un homme, le souffleur de verre David Holm (Pierre Fresnay). De toute façon, hors de Dieu, point de salut.
Formellement, le film est nettement plus intéressant. Les acteurs sont bien sûr parfaits, avec ce style si suranné du vieux théâtre à la française et son emphase. La mise en scène est créative, avec une très belle photo et il y a de très belle scènes fantastiques en surimpression avec la charrette fantôme.

La charrette fantôme est un film à voir, mais attention à son scénario et son propos.

Un très belle musique de Jacques Ibert accompagne le film.

Crédits images © 1939 Transcontinental Film S.A.