lundi 1 décembre 2008

La source thermale d’Akitsu

秋津温泉 (Akitsu Onsen), Yoshishige Yoshida, 1965
genre : des convenances contre l’amour

Shinko (Mariko Okada) se retrouve à la fin de la guerre à occuper une place dans un établissement thermal, à Akitsu. Un jeune soldat Shusaku Kawamoto (Hiroyuki Nagato) se retrouve dans l’établissement pour soigner une pneumonie. Une relation marquée pas les non-dits et la séparation s’établit alors entre les deux.

Le Japon n’est pas que le pays des mangas et des robots géants ; c’est aussi celui d’un cinéma profond, philosophique, posé, qui se penche sur la mort, la vie, l’amour et les liens entre les personnes.
La source thermale d’Akitsu est un film très beau, servi par une photo magnifique. Tout en silence, en gestes, il raconte cette histoire d’amour passionnée mais muette, inassouvie, douloureuse. Le temps, et avec lui les saisons – ah !, ces plans de la montagne sous la neige – passe, mais pas l’amour. Shusaku Kawamoto a beau se rendre si peu dans le onsen, chaque rencontre avec Shinko est un moment fort, émouvant, et terriblement douloureux, même cruel. Pourtant, malgré cette souffrance, ce désir, les choses restent telles qu’elles sont, ou doivent être : Kawamoto avec sa famille, Shinko avec sa vie isolée dans la montagne.
La source thermale d’Akitsu peint ce monde si dur, où l’on préfère souffrir plutôt que d’avouer ses sentiments et faire fi des convenances.

La musique est signée Hikaru Hayashi (inédite). Il y a un joli thème, mais beaucoup trop répété tout au long du film ; un peu plus de silences ou de variations auraient renforcé la poésie et la profondeur du film.

Crédits images © 1962 Shochiku Kinema Kenkyû-jo