Snow Falling on Cedars, Scott Hicks, 1999Genre : souvenirs, souvenirs
État de Washington, 1954 : le corps de Carl Heine (Eric Thal), un pêcheur, est retrouvé, et cela ressemble à un meurtre. Une partie du village accuse alors un Américain d’origine japonaise, Kazuo Miyamoto (Rick Yune). Couvrant le procès, un journaliste, Ishmael Chambers (Ethan Hawke), se rend compte que tout cela renvoie à des choses plus profondes : la Seconde Guerre mondiale et l’internement d’Américains d’origine japonaise dans des camps.
Cinéaste australien remarqué pour Shine (1996), Scott Hicks se lança dans La neige tombait sur les cèdres, regard psychanalytique sur les camps d’internement des Américano-japonais. Le film ne fut pas un grand succès, et c’est assez logique.
Le scénario accumule beaucoup, beaucoup de clichés, de passages obligés : le journaliste compréhensif, le souvenir de la jeune japonaise aimée dans l’enfance, le juge à qui on ne la fait pas, le pêcheur taciturne mais en fait gentil, etc. De plus, le scénario utilise la ficelle récurrente du film de procès pour déployer son propos : cela permet l’instrospection, le retour sur soi, le sentiment de culpabilité, la prise de conscience et la rédemption, tous ces éléments de la mythologie judiciaire qui est très forte aux USA. Sauf que c’est déjà tellement vu et revu que cela ennuie plus qu’autre chose.
Par contre, formellement, le film est une grande réussite. La direction d’acteur est très bien, alors qu’elle aurait pu largement, vu le scénario, virer dans le larmoyant extrême. La photographie est magnifique, en particulier quand elle se sert des paysages brumeux et enneigés de la côté nord du Pacifique pour illustrer la douleur des souvenirs et l’oubli volontaire du passé.
La neige tombait sur les cèdres est donc un film décevant : il est très beau, très bien interprété, mais son scénario accumule trop de cliché et de déjà vu.
La musique est signée James Newton Howard (Decca Records 466 818-2) ; elle est absolument magnifique.
Image © 1999 Universal Studios
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