dimanche 26 avril 2009

Les contes de Terremer

ゲド戦記 (Gedo Senki), Goro Miyazaki, 2006
Genre : tu quoque, mi fili !

Dans une mer démontée, des marins assistent avec effroi à un combat entre deux dragons, symbole du cataclysme qui frappe le monde de Terremer. Espérant trouver une réponse à ce malheur, le roi d’Enlad a envoyé un magicien, Ged, appelé aussi l’Épervier, parcourir le monde. Or le mal qui touche la terre touche aussi les Hommes, dont le propre fils du roi, Arren, qui tue son père et s’enfuit.

Étre le fils d’Hayao Miyazaki ne paraît pas être très facile : la relation père-fils transparait ainsi fortement tout au long des Contes de Terremer. Le film commence d’ailleurs, et on ne peut difficilement faire plus symbolique, par le meurtre par le jeune Arren de son père le roi.
Goro Miyazaki a peut-être besoin de tuer le père pour se lancer dans sa propre création artistique. Ce premier film nous montre toutefois qu’il a presque autant de talent que son père au même âge (Goro Miyazaki est né en 1967). Les contes de Terremer est parfois inabouti, parfois inégal, mais il sait faire preuve d’une grande qualité artistique et d’une grande capacité pour faire passer la poésie à l’image.
La fin des Contes de Terremer est ce qui apparaît en définitive le moins maîtrisé : la succession des événements n’a qu’un très petit fil conducteur, et elle fait surtout plus américaine et peu Ghibli.
Ces défauts ne doivent quand même nous faire oublier que ce film d’animation est d’une grande qualité, très riche et très beau, largement au-dessus de la moyenne de ce qui existe. Simplement, vu ce que fait Hayao Miyazaki ou Isao Takahata, on ne peut qu’être assez difficile et exigeant vis-à-vis de l’ensemble des productions Ghibli.

La musique est signée Tamiya Terashima (Tokuma Japan TKGA-503) ; très belle, elle fait appel à des sonorités celtiques interprétées par l’excellent Gallicien Carlos Nuñez.

Image © 2006 Studio Ghibli

1 commentaire:

Isa Noel Joyeux a dit…

Avis très juste.
(C'était le commentaire nécessaire de Miss Cyclopède).