dimanche 5 avril 2009

La tête contre les murs

Georges Franju, 1959
Genre : carcan social et familial

Maître Gérane (Jean Galland) s’entend mal avec son fils François (Jean-Pierre Mocky), à qui il reproche tout : ses rencontres, ses relations, ses actions. Pour le remettre dans le droit chemin, il l’envoie fait un séjour dans la clinique psychiatrique du docteur Varmont (Pierre Brasseur).

Quelque peu oublié aujourd’hui, Georges Franju est un cinéaste majeur. Il s’est essayé à plusieurs genres différents, et à su faire preuve dans ses films de richesse et d’inovation. La tête contre les murs fait partie des meilleurs réalisations de Franju. À partir d’une histoire simple, la relation houleuse d’un père et son fils, il compose une réquisitoire terrible contre une société du conformisme, qui perçoit dans chaque différence une folie, une maladie qui doit absolument être soignée, et même extirpée.
François est malade, c’est indéniable : il n’est pas comme son père, il n’est pas à la poursuite du même statut social, il ne cherche pas vraiment de reconnaissance, il voudrait profiter d’une jeune femme, de la vie, des arts. François doit rentrer dans le rang, faire et être comme les autres, et le docteur Varmont est parfait pour réaliser cette tâche. Contrairement à son confrère Emery (Paul Meurisse), Varmont extirpe le mal des corps et des âmes, comme un chirugien qui coupe et qui tranche. Le pauvre François Gérane a beau dire qu’il n’est ni fou ni malade, qu’il veut simplement vivre sa vie, son sort est joué.
La tête contre les murs est un film sombre, qui nous montre une société figée jusqu’à la mort dans son conformisme. C’est un très grand film.

La musique est signée Maurice Jarre ; parfaite, elle est fondée sur l’écriture contemporaine reflet de la folie des hommes et de la lutte vouée à l’échec de François, qui, quoi qu’il tente, se cogne contre des murs (Play Time FGL PL 050287/8645992, trois pistes).

Images © 1959 La Société des Films Sirius

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