Clint Eastwood, 2008Genre : expiation et réconciliation
Walt Kowalski (Clint Eastwood) enterre son épouse. Il ne lui reste plus que sa maison, son chien, ses fils avec lesquels ils ne s’entend pas du tout, et sa voiture, une Ford Gran Torino. Une famille asiatique vient s’installer juste à côté, à son grand déplaisir.
Walt Kowalski cumule de nombreux excès de l’Amérique ; il serait même un inspecteur Harry qui aurait mal vieilli : froid, renfrogné, raciste, taciturne, conservateur, à grimacer contre presque tout ce qu’il voit, à haïr même parfois une Amérique qui ne serait plus la sienne.
Sauf que cette Amérique ne demande qu’à revivre, où plutôt à être reconstruite sur ces piliers simples de liberté et de tolérance qui attirent des gens du monde entier depuis trois siècles.
Gran Torino est un film fort et intelligent, avec un regard étonnant qui mêle conservatisme et progressisme.
Conservatisme car Walt Kowalski se voit comme un bon Américain – qui a d’ailleurs servi son pays durant la guerre de Corée – même si, comme son patronyme l’indique, il est un fils d’immigré. Il croit donc dans les valeurs de l’Amérique : l’individu, le travail, la propriété, la liberté ; ils ne les voit plus dans ses propres fils, et il se désole de la disparition de « son » Amérique.
Progressisme parce que le retour à ses valeurs traditionnelles passent par l’ouverture, la tolérance, le dialogue entre peuples et générations et la prise de conscience de ses erreurs.
Gran Torino est un très grand film.
La musique, signée Kyle Eastwood et Michael Stevens, est le point faible du film, avec son côté ballade qui ne donne guère de profondeur à l’histoire et la mise en scène (inédit).
Image © 2008 Matten Productions
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